Reconversion Couture : le témoignage de Cécile

Portrait Mathilde Lanselle Coach en reconversion professionnelle

Vous voulez changer de travail et vous avez envie d’une reconversion dans la couture ?

Vous recherchez depuis un moment plein d’informations mais vous hésitez à faire ce grand saut et à quitter votre emploi.

Vous vous posez plein de questions : comment devenir couturière ? Comment en vivre ?

Quelles sont les formations à suivre ? Les conditions de travail ?

Dans cet article, je vous propose de découvrir le parcours de Cécile, une enseignante qui est devenue couturière. Elle vous donnera plein de clés pour réussir votre reconversion en couture !

Interview de Cécile, ancienne enseignante devenue couturière. Elle est la fondatrice de l’Atelier C, qui propose des cours de couture, des vêtements sur mesure ainsi que des retouches.

Qu'est-ce qui t'a amenée à vouloir quitter ton poste d'enseignante ?

J’en ai eu ras-le-bol.

J’étais enseignante spécialisée pour les allophones (les élèves nouvellement arrivés en France et qui ne parlent pas le français) dans le primaire.

J’allais dans plusieurs écoles. C’était super intéressant sur le papier.

J’ai fait ça pendant 13 ans. J’aimais beaucoup ce que je faisais mais pas les conditions de travail. Je voyais les enfants peu de temps, 1 à 2 fois par semaine. 

Et ils sont censés, en un an, savoir parfaitement parler, écrire, compter en français pour suivre en classe.

C’est impossible. La plupart de mes élèves n’avaient pas été scolarisés avant …

J’avais aussi de plus en plus d’administratif à faire, des tas de tableaux à compléter le soir pour répéter les mêmes informations à la place de préparer mes cours.

Je passais mon temps à être en colère. J’avais l’impression que je faisais mal mon travail, parce qu’en fait, je n’avais pas les moyens de le faire correctement.

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Comment t'es venue l'idée d'une reconversion dans la couture ?

Je faisais de la couture depuis longtemps, une douzaine d’années environ.

En parallèle de mon travail, j’avais commencé à préparer mon CAP couture. Juste comme ça, pour le plaisir. 

Je me disais que, si un jour j’avais envie de monter ma micro-entreprise à côté de mon métier d’enseignante, ça serait pratique d’être formée.

Un jour, j’ai reçu un refus de l’Education Nationale concernant un projet, et ça a été la goutte qui a fait déborder le vase.

J’ai décidé de démissionner et de me mettre à fond dans ma formation couture. 

Je regardais aussi les offres d’emplois et je savais que je pouvais trouver facilement un poste de couturière près de chez moi. 

Comment as-tu financé tes formations en couture ?

Pour le CAP, comme j’avais déjà plutôt un bon niveau en couture, je n’ai pas fait appel à un organisme. J’ai seulement acheté quelques vidéos sur Internet sur le site d’Artesane, ainsi que leur livre.

Comme ça, j’avais un programme, et j’ai passé le diplôme en candidat libre. J’ai pris quelques cours de couture avec des costumières aussi.

Par contre, pour la formation en modélisme, j’ai utilisé mon CPF.

J’ai réussi à le débloquer, en faisant la demande au rectorat à la date où l’on doit le demander. 

Ça a été refusé au début donc j’ai fait un recours. Et là, miracle, le recours a été accepté. Ils m’ont payée une partie de ma formation en modélisme (1500 euros).

Pour résumer mes formations professionnelles, j’ai passé mon CAP Métiers de la Mode Vêtements Flous, ainsi que le titre professionnel Couturier / Retoucheur, et réalisé des formations complémentaires (notamment au moulage pour la réalisation des robes de mariées).

Comment ça s'est passé pour quitter l'Education Nationale ?

J’ai d’abord demandé une rupture conventionnelle. Un syndicat m’a accompagnée à l’entretien.

Je m’étais vraiment préparée, j’avais mon business plan, mon étude de marché. Mon dossier était béton. Mais il a été refusé. J’ai envoyé un mail pour savoir pourquoi, et ils m’ont répondu qu’ils n’étaient pas tenus de se justifier …

J’ai donc envoyé ma lettre de démission car j’étais prise pour un poste de couturière. 

Le rectorat m’a annoncé que la démission était acceptée mais que je devais faire encore 1 an, alors que ma prise de poste était dans peu de temps …

La démission n’étant pas possible, je me suis dit que j’allais demander une disponibilité de droit, comme j’avais des enfants en bas âge. Mais là, à nouveau, ils me disent qu’il y a un délai de 2 mois minimum !

Je n’ai pas baissé les bras. J’ai fait appel à un avocat. J’ai contacté la permanence de la Maison des Avocats de Nantes qui offre un 1er rendez-vous de 30 minutes gratuit. J’ai demandé un avocat spécialisé dans le droit public (les avocats du droit du travail sont plus spécialisés dans le droit privé). Il m’a appris qu’il n’y avait pas de préavis légal et que la disponibilité de droit était actée dès l’envoi de la lettre dans la fonction publique.

Toutes ces démarches ont été vraiment galères, ça a été une année difficile.

Dans le cas des disponibilités pour convenance personnelle, là par contre il y a bien un préavis et des dates précises pour les demander. Mais pour la disponibilité de droit, même si le rectorat affirme qu’il y a 2 mois de préavis, ce n’est pas le cas.

Comment as-tu géré la transition du statut de fonctionnaire à cheffe d’entreprise ?

Dans ma situation personnelle, je ne pouvais pas me permettre de me retrouver sans revenu. Et avec une démission, tu n’as droit à rien. 

Donc, ce que j’ai fait, c’est que j’ai pris un poste dans un atelier de confection

C’était l’usine, mais j’ai appris beaucoup de choses qui m’ont aidées quand j’ai créé mon entreprise. J’ai appris à m’organiser et à être rentable.

Il faut être rapide et efficace. 

J’ai fait six mois dans cet atelier. Puis après, je suis passée à temps partiel, dans un autre atelier qui était plus petit. 

En parallèle, j’ai monté ma boîte et elle s’est développée toute seule. 

Je ne sais toujours pas comment, mais il s’est trouvé que les gens m’appelaient avec le bouche-à-oreille et ma page My Google Business.

J’avais des appels tout le temps. Au bout d’un moment, quand je me suis rendue compte que j’avais de quoi travailler au moins 40 heures par semaine avec mon entreprise, j’ai lâché le salariat.

J’ai eu de la chance, ça se développe vraiment bien. J’ai diversifié mon activité : je donne une quinzaine d’heures de cours par semaine, j’ai des confections (souvent de robes de mariées), des retouches … 

Au départ, je pensais seulement faire de la confection, mais le problème c’est que ce n’est pas très rentable, à moins de faire des robes à 3 000 – 4 000 euros. Ça prend tellement d’heures, surtout si les clients changent d’avis en cours de route !

Quels sont les avantages et les inconvénients pour toi de cette reconversion en couture ?

Les inconvénients, c’est surtout le fait que quand tu es malade, tu bosses quand même.

Mais bon, si je suis honnête avec moi-même, je suis déjà allée travailler en classe avec de la fièvre 😁

A part ça, je n’en vois pas.

Les avantages sont très appréciables : 

  • Je m’organise comme je veux. Je n’aime pas la répétition, alors je m’arrange pour avoir un cours le matin, et par exemple l’après-midi, ma confection. De temps en temps, je cale mes retouches.
  • C’est pratique aussi pour la vie de famille. J’en profite davantage. Quand j’étais enseignante, je perdais patience le soir. Maintenant, je suis super contente de faire les devoirs avec mes enfants.
  • Je gagne moins mais j’ai beaucoup gagné en qualité de vie

Le mot de la fin : se reconvertir quand on est enseignant

Quand on change de métier, après, on se rend compte qu’on peut faire ce qu’on veut. Je trouve ça hyper positif de se dire que je ne suis pas enfermée dans l’Éducation Nationale.

Souvent, quand on est enseignant, on se dit qu’on ne sait faire que cela, et c’est faux !

Maintenant, je me sens libre. Je me dis que si demain, mon métier de couturière ne me plaît plus, je peux faire autre chose. Prendre un travail alimentaire et faire une formation à distance pour découvrir un autre métier.

Je ne regrette absolument pas ma reconversion dans la couture !

Vous voulez vous aussi vous reconvertir mais vous avez besoin d’aide pour oser franchir le pas et passer à l’action ?

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